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Gabriel Auguste Daubrée

Après le décès de Jean Hermann, en 1800, la Ville de Strasbourg acquiert en 1804 ses collections pour ériger un Musée des Sciences Naturelles pris en charge par des professeurs de faculté tout au long du XIXe siècle, notamment par Philippe Louis Voltz, de 1820 à 1842, et par Gabriel Auguste Daubrée.

C’était un homme de taille supérieure à la moyenne, et relevée par la nuance un peu officielle de sa posture. Sa figure aimable, réfléchie, distinguée, avait parfois quelque chose d’indécis et de flottant dans son expression. Doué d’une bienveillance naturelle et d’une grande aménité de relations, il était en rapports suivis avec de nombreux savants étrangers qu’il se plaisait à patronner parmi nous. Mais si Daubrée était serviable, il avait horreur de toute lutte, incapable de se livrer même à ces médisances inoffensives, dont les meilleurs des hommes ne savent pas toujours s’abstenir.
(D’après : Marcellin Berthelot, secrétaire perpétuel de l’Académie, 1896)

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Gabriel Auguste Daubrée

Né le 25 juin 1814 à Metz, Gabiel Auguste Daubrée décède à Paris le 29 mai 1896.
Après ses études à Metz d’où est originaire sa famille, il entre à l’Ecole Polytechnique de Faye à dix-huit ans pour devenir élève ingénieur à l’Ecole des Mines de Paris. C’est à partir de ce moment-là qu’il voyage d’abord en Cornouaille en 1837 puis en Saxe en 1841, en Norvège et en Suède en 1842.
Il est entre temps nommé ingénieur des mines à 25 ans en résidence à Strasbourg. Reçu docteur ès sciences, il est chargé de cours de Minéralogie et de Chimie à la Faculté des Sciences.
Il publie en 1849 la carte géologique du Bas-Rhin ainsi qu’un ouvrage qui resta longtemps une référence : Description géologique et minéralogique du département du Bas-Rhin, en 1852. Il entreprend des voyages en France et en Italie, des recherches sur la formation des gisements d’hydroxyde de fer et sur l’or du Rhin (publié en 1845).

Dès 1849, il donne libre court à sa curiosité expérimentale (une voie nouvelle) en procédant à des expériences permettant l’obtention de minéraux par voie sèche et humide (par l’intermédiaire d’eau sous pression à des températures de 200 à 300° C.) Expériences qu’il énonce dans un mémoire (Sur la production artificielle de quelques espèces minérales cristallines). Nommé Doyen de la Faculté des Sciences de Strasbourg et ingénieur en chef en 1855, il poursuit ses recherches en 1857 autour de minéraux néoformés aux sources thermales de Plombières dans les Vosges. Il s’intéresse encore au métamorphisme, qui lui vaut d’être honoré par l’Institut, et pour finalement être introduit comme membre de l’Académie des Sciences (section de minéralogie et de géologie), et professeur de Géologie au Muséum à Paris en 1861.

Sa nomination à la chaire du Muséum le pousse à s’investir dans la collection de météorites et à les étudier comme éléments présentant un intérêt général pour la géologie terrestre. Le classement, la détermination des caractères des aérolithes, leur origine, leur morphologie, les phénomènes accompagnant leur passage dans la haute atmosphère et leur chute, constituèrent un champ d’études qui l’occupa toute la dernière partie de sa carrière.

A l’instar de Wegener, auteur de la théorie de la dérive des continents en 1915, il s’intéresse aux conditions dans lesquelles s’accomplirent les déformations et dislocations des couches constitutives de l’écorce terrestre et imagine des méthodes dans un but de démonstration expérimentale.

Il est finalement nommé inspecteur général des mines en 1872, directeur de l’Ecole des Mines et promu grand officier de la Légion d’Honneur en 1881.

17 février 2014